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Et si Twitter était un non-sens journalistique ?

Tuesday, May 31, 2011

Twitter est devenu incontournable pour traiter les directs. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur et son utilisation peut même devenir ridicule, comme la première audience de DSK nous l’a révélé.

Tout le monde attendait les tweets de ceux qui “y étaient” : devant la demeure de DSK, devant le tribunal, puis dans le tribunal. On allait tous avoir les scoops en temps réel, sans attendre , en 140 caractères et photos prises sur le vif grâce aux iphones des “correspondants” en place. Tout ça alors que l’on savait pertinemment que l’audience n’avait pas d’enjeu, que le présumé innocent allait plaider non-coupable. Mais tant pis, il fallait faire du direct, et en plus, on pouvait le faire à moindre frais, en demandant par exemple à quelqu’un (n’importe qui) sur place de renvoyer par Twitter quelques phrases, une photo, quelque chose, quoi !

Alors, oui, des directs ont été faits : on a su qu’il y avait une queue devant le tribunal, que DSK portait une cravate de telle couleur, que son épouse était élégante, qu’un avocat est sorti par la porte de gauche, qu’avant il y avait un syndicat de femmes de ménage qui criait “shame on you !”.

Formidable. De vide. De néant informatif. Mais on pouvait le faire, n’importe qui pouvait envoyer à la planète entière, en 140 caractères ses impression, ce qu’il voyait. Ou même, ce qu’il était censé voir, puisqu’on peut aisément imaginer que des tweets bidons ont circulé, de ceux qui auraient aimé y être et on joué aux journalistes, sans y être.

Parce que la magie de Twitter, c’est aussi ça : n’importe qui peut se faire passer pour n’importe qui, faire croire qu’il est là où il n’est pas. Alors, tant que c’est pour de la non-information, ce n’es pas très grave. Mais lorsque ce sera pour des événements plus sensibles ?

Le pseudo-journalisme via Twitter a de beaux jours devant lui. Mais les journalistes ont du souci à se faire.