Member of The Internet Defense League

Do You Hack Me

Créer un lieu de hacking au sens large ?

Dimanche, Septembre 7, 2014

Les lieux d’échanges et de partage se font rares, et pourtant l’émergence des hackerspaces, fablabs, et désormais, des tiers-lieux — est en train de contredire cette affirmation. Malgré tout, une difficulté importante revient autour de ces lieux de création et d’échanges, et celle-ci réside dans l’obligation de maintenir un état d’esprit particulier pour ne pas “basculer”.

Ne pas “basculer” ? Oui, ne pas basculer d’un espace de hacking vers celui du club de hobbyistes ou vers la pme…

La règle du MIT

Ce que ne comprennent pas toujours les acteurs ou promoteurs des fablabs eux-mêmes, surtout pour les plus novices, est l’orientation du lieu. Son état d’esprit, son organisation sociale, technique, logistique. Un fablab n’est pas seulement un lieu d’innovation. Un fablab n’est pas seulement un lieu avec des machines numériques qui peuvent fabriquer des objets. Un fablab n’est pas seulement un lieu pour prototyper. Un hackerspace n’est pas simplement la réunion de gens passionnés de hacking. Alors ? Qu’en est-il vraiment ?

Le principe d’origine du fablab est celui de l’éducation par les sciences et les techniques. La Fabfondation précise cet aspect central dans la constitution et l’organisation de ces lieux :

“A Fab Lab is also a platform for learning and innovation: a place to play, to create, to learn, to mentor, to invent. To be a Fab Lab means connecting to a global community of learners, educators, technologists, researchers, makers and innovators- -a knowledge sharing network that spans 30 countries and 24 time zones.”

Apprentissage, innovation, un lieu pour jouer, étudier, inspirer, inventer : les caractéristiques d’un fablab sont celles d’une nouvelle forme d’école, ou d’université populaire. Le principe central d’un fablab est celui d’une production collective, dans lieu ouvert au plus grand nombre, basé sur l’éducation au sens large, l’éducation populaire : comprendre, apprendre, échanger, partager, pratiquer, etc…

“Fab Labs  have to share a common set of  tools and processes.  

A prototyping facility is not the equivalent of a Fab Lab. A 3D printer is not a Fab Lab.

The idea is that all the labs can  share knowledge, designs, and collaborate across international borders. If I make something here in Boston and send you the files and documentation, you should be able to reproduce it there, fairly painlessly.  If I walk into a Fab Lab in Russia, I should be able to do the same things that I can do in Nairobi, Cape Town, Delhi, Amsterdam or Boston Fab Labs. The critical machines and materials : are identified in this listand there’s a list of open source software and freeware that we use online as well (embedded in Fab Academy modules here) But essentially it’s the processes and the codes and the capabilities that are important. So you want a laser cutter for 2D/3D design and fabrication, a high precision milling machine for making circuits and molds for casting, a vinyl cutter for making flexible circuits and crafts, a fairly sophisticated electronics workbench for prototyping circuits and programming microcontrollers, and if you can possibly find the funds, you’ll want the large wood routing machine for furniture and housing applications.  We are also testing fairly inexpensive, but robust and with fair resolution 3D printers—the most current favorite is listed in the inventory.”

La Fabfoundation stipule qu’installer une imprimante 3D ne fait en aucun cas un fablab, comme mettre en œuvre tous les outils pour faire du prototypage. Un ensemble de processus, de moyens techniques et une organisation particulière doivent être mis en œuvre. Et au delà, un état d’esprit pour faire “tourner la machine”

Un lieu qui doit permettre l’échange

Le hacking [dans sa conceptualisation originelle], est l’approche la plus adaptée aux lieux innovants tels que sont les fabLabs, hackerspaces ou tiers-lieux. Non pas par une pratique particulière dépendante d’outils spécifiques ou dédiés au hacking, mais par l’approche technique, sociale, scientifique des acteurs du lieu. Le hacking est une approche particulière, une pratique quotidienne différente : comprendre, étudier les choses pour les modifier, les détourner ou simplement les améliorer. Le hacking est lié au DiY de par sa vocation à permettre de faire soi-même, en cherchant des solutions pour parvenir à ses fins.

La bidouille est un savoir-faire, un savoir-être : si la pièce qui me manque pour finaliser mon objet est trop chère, n’existe pas, comment la réaliser moi-même ? J’ai envie d’un appareil qui n’est pas dans le commerce : je le fabrique. J’ai envie d’un mode de vie, je le conçois et je le maintiens. Je vérifie que ce serveur prévu pour afficher des informations précises peut afficher autre chose, je lui fais afficher autre chose. Cette approche du hacking amène de nombreuses pratiques et modes d’échanges. Via Internet, très longtemps, et désormais physiquement, dans des lieux dédiés.

L’aspect central de ces nouveaux lieux est l’échange. Pas simplement l’échange d’informations, de savoirs ou de compétences mais aussi l’échange social. Cet aspect social réhabilite une longue tradition abandonnée autour de lieux différents tels que les MJC, bal populaires, guinguettes, jardins ouvriers, places du village etc… Chacun peut venir dans ces lieux, sans aucun prérequis : ni d’argent, ni d’âge, ni de compétences, de diplômes, etc… Le tiers-lieu, le fablab permettent aux citoyens de se ré-emparer de la technique, d’outils, de concepts, et ouvrent à chacun des possibilités qui sont la plupart du temps soigneusement accaparées par des “spécialistes” ou des “experts”.

Ces lieux ne sont pas, et ne doivent pas être un repaire d’ingénieurs ou de super-techniciens, petits génies de l’électronique ou de l’informatique : ils sont la possibilité pour tous de faire, réaliser ensemble, de manière horizontale, dans un échange dégagé des contraintes du jugement scolaire, social, professionnel, etc… Ce que les hackers ont toujours fait.

Tiers-lieu : l’espace de tous les possibles

Pour finir, le concept de tiers-lieu se doit d’être un peu mieux explicité : leur développement est en plein essor, leur potentiel, passionnant. Ce sont avant tout des espaces de socialisation, de rencontres. Ils peuvent s’orienter, se “thématiser” plus fortement selon leurs instigateurs, mais ils restent avant tout des lieux pour faire ensemble et échanger. De la même manière que les hackerspaces ou les fablabs, aucune limitation financière, sociale, n’est censée exister dans ces espaces qui peuvent réunir de nombreuses choses : fablabs, hackerspace, lieu de formation, espace de co-working, cantine ouverte, atelier partagé, espace de réparation, de recyclage, bibliothèque, centre-ressource, etc…

La réussite de ces lieux de hacking au sens large repose sur une unique chose : l’état d’esprit. L’ouverture, le partage, l’échange, la collaboration, le DiY, l’innovation, tous ces concepts très en vogue n’ont de vocation que s’ils coexistent dans l’esprit du hacking : horizontalité, do-ocratie, méritocratie, échange entre pairs, curiosité, humilité, apprentissage permanent, et refus de la financiarisation du procédé.

Radio Reflets #1 et #2 : Crise économique surveillance globale des populations

Jeudi, Février 21, 2013

La première émission de Radio Reflets du mois de janvier, sur la crise économique et financière peut être écoutée ICI . La deuxième de Radio Reflets a eu lieu le 25 février de 19h à 20h40, avec pour thème la surveillance. L’invité était Jérome Thorel, auteur d’un ouvrage sur le sujet, “Attentifs, ensemble ! L’injonction au bonheur sécuritaire”. L’émission sera disponible sous peu sur Reflets, ICI .

La radio sur le net, qui creuse les sujets, c’est Radio Reflets

Vendredi, Janvier 18, 2013

Le magazine Reflets.info est un mag’ d’info hacking, et nous avons décidé de passer une fois par mois en mode audio : un thème, des invités, des chroniques, revues de presse, sketches et musique, le tout en public et en direct : c’est radio reflets

La première, la beta, s’écoute : ici

La prochaine a lieu le 25 janvier 2013 à 19h à la cantine, retransmise en direct sur Reflets, avec pour thème : où en est la crise financière ?
Il y aura deux traders et analystes financiers : Olivier Delamarche et Eric Valatini, ainsi que le secrétaire du collectif des atterrés, économiste, maître de conférence à Paris 13 et chercheur (en économie post-keynesienne) : Dany Lang. Venez nombreux, écoutez, ça va être surprenant :-)

eXcentr13 : premier “politic hacklab” français

Mercredi, Décembre 5, 2012

Il y avait les fablabs, les hackerspaces, les makelabs, mais il n’y avait pas de politic hacklab.

C’est désormais chose faite avec eXcentr13. Un site d’information doublé d’un hacklab collaboratif en ligne et des rencontres autour du hacking politique sur Paris à venir : tout est en place pour que l’émergence des nouvelles voies de fonctionnements au sein de la société se traduisent concrètement. eXcentr13 est un collectif de hackeristes décidés à démonter, creuser tout ce qui constitue la société, de l’économie au social, en passant par les institutions . Du hacking au sen large à suivre de près…

Do You Hack Me s’arrête…provisoirement ?

Lundi, Avril 30, 2012

Plus assez de temps, des obligations professionnelles, personnelles : Do You Hack Me sur Radio Libertaire (89.4 FM sur Paris) est provisoirement suspendue. Si vous avez aimé l’émission, vous voulez qu’elle revienne (à l’automne ?), envoyez donc un mail à drapher@riseup.net, ça fera toujours plaisir et nous motivera…

Do You Hack Me ? le 23 mars à 16h : émission annulée…

Samedi, Mars 10, 2012

Do You Hack Me sur Radio Libertaire (89.4 FM sur Paris), n’est pas en mesure d’assurer cette 9ème émission du mois de mars. Nous en sommes désolés et vous donnons rendez-vous sans faute le le 27 avril…avec les neuro et bio hackers de La Paillasse

Do You Hack Me ? le 24 février à 16h : tous les reportages en une seule émission

Mardi, Février 14, 2012

Do You Hack Me sur Radio Libertaire (89.4 FM sur Paris), pour cette 8ème édition vous propose une sélection des reportages diffusés depuis la première émission du mois de juillet

C’est l’occasion de faire une séance de rattrapage : une heure de reportages sur tous les thèmes abordés depuis le début de Do You Hack Me : Hackerspaces, info-hacking, hacker la psychiatrie, sécurité et vie privée et Fablabs. Avec une sélection des “meilleurs” morceaux de musique choisis par Mapie, la technicienne et programmatrice musicale de l’émission. Tous à vos magnétos :-)

Pour écouter ou podcaster : C’EST ICI…

Surveillance globale : la fin de la démocratie ? Do You Hack Me ? le 27 janvier à 16h

Samedi, Janvier 28, 2012

Do You Hack Me sur Radio Libertaire (89.4 FM sur Paris) invite Bluetouff et Jet Lambda du site d’info-hacking Reflets.info à parler de la surveillance d’Internet et celle de la société en général.

Sommes-nous tous sur écoute, ou en passe de le devenir ? ACTA est en passe d’être voté et devrait valider une Europe qui espionne et chasse les internautes sous prétexte de défendre la propriété intellectuelle. Dans le même temps des entreprises françaises ou américaines vendent des matériels d’écoute globale à Khadafi ou Bachar el Assad.

Pour écouter ou podcaster : C’EST ICI…

Bluetouff et Jet Lambda, les deux invités de cette émission, nous expliquent comment nos communications sont en train d’être mises sous écoute, avec quels moyens et par quels biais se prémunir de ce nouveau réseau internet “à la Big Brother” qui se profile.

Merci à eux pour leur participation et leur pertinence !